Bicéphalisme à LAMUKA : le tandem Katumbi-Bemba « veut étouffer le duo Fayulu-Muzito depuis l’Union sacrée »

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Qui est habilité à diriger LAMUKA ? Une question qui taraude les esprits après que deux ténors aient tous deux déclaré, le samedi 10 avril, être président du présidium de la coalition. Un théâtre bien de chez nous. Mais à analyser froidement la situation, il se dégage que Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba ne veulent pas du tout laisser Adolphe Muzito et Martin Fayulu évoluer dans une structure qu’ils reconnaissent avoir participé à la création à Genève.

Qu’est-ce que Katumbi et Bemba ont-ils à gagner en voulant à tout prix contrer le duo Fayulu-Muzito ? Plusieurs observateurs s’interrogent sur les tenants et les aboutissants de cette affaire de nature à opposer ces acteurs politiques autrefois ensemble pour combattre le régime Kabila et pas plus tard à revendiquer la victoire de l’un de leur en la personne de Martin Fayulu à la Présidentielle de décembre 2018 devant l’actuel Président de la République, Félix Tshisekedi.

A en juger par les faits, la prise de position de Moïse Katumbi appuyée par son alter ego « dénote la ferme volonté de ces deux leaders de vouloir asphyxier le duo Fayulu-Muzito ». Parce qu’on voit mal comment le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga, bien ancré à l’Union sacrée de Félix Tshisekedi peuvent-ils jouer un double rôle dans le microscome politique rd-congolais. Non seulement. Katumbi et Bemba sont partie prenante au prochain Gouvernement de Sama Lukonde.

D’ailleurs, Katumbi, pas en odeur de sainteté avec Félix Tshisekedi au sein même de l’Union sacrée, alignera au moins cinq ministres au prochain Exécutif. Lui qui, à tort et à cri, en demandait neuf, compte tenu de son poids politique (il dispose de plus de 70 députés à l’Assemblée nationale). Tout comme JP Bemba qui doit être représenté par au moins deux ministres dans le Gouvernement à venir.

Cette configuration ne pourrait permettre à ces nouvelles recrues de l’Union sacrée de se prévaloir opposants au même régime auquel ils appartiennent désormais. Le rôle de double casquette que Katumbi et Bemba veulent endosser ne leur permettra pas non plus de critiquer l’action gouvernementale. « Opposant au pouvoir ». Un nouveau concept qu’ils veulent s’offrir, eux qui ont porté une caution et non la moindre à la mise en place de l’Union sacrée concrétisant ainsi la fin du mariage FCC-CACH.

De l’avis des spécialistes, il n’est pas étonnant que Katumbi et Bemba cherchent à fragiliser ce qui reste encore de LAMUKA depuis l’Union sacrée. D’ailleurs, Félix Tshisekedi, qui n’a que Fayulu, Muzito et le FCC encore fidèle à Joseph Kabila, aimerait voir le président d’Ensemble pour la République et le président du parti de l’avenue du Port entrer en guerre contre Martin Fayulu et Adolphe Muzito de manière à les affaiblir en perspective des enjeux électoraux de 2023.

Voilà ce que redoutent certains analystes qui voient l’aile Katumbi bénéficier d’une large avance du fait d’être désormais dans les rangs de la nouvelle majorité créée en pleine législature par Félix Tshisekedi. Ce qui laisse entrevoir des coups bas dans les deux camps au cas où la crise persistait.

Rachidi Mabandu

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