Barrage de la Renaissance, Conseil de sécurité, SADC : le régime Tshisekedi enregistre son 3e échec à l’international

 

La diplomatie rd-congolaise n’est pas parvenue à occuper le poste du secrétaire exécutif de la Communauté pour le développement des états de l’Afrique australe (SADC). L’intense lobbying de Félix Tshisekedi n’a pas suffi pour convaincre les électeurs de porter leur choix sur le candidat de la RDC le mardi 17 août dernier face à la candidature du Botswana Elias Magosi. Ce dernier devient le 7ème secrétaire exécutif de cette organisation régionale.


Ni les services de communication de la Présidence de la République ni ceux du Gouvernement et moins encore ceux du ministère des Affaires étrangères ne font jusque-là allusion à cette énième déconfiture de la diplomatie congolaise à l’international. Face à ce silence-radio, les journalistes congolais se sont contentés de relayer leurs collègues étrangers en lieu et place des dépêches de ceux pour qui le déplacement pour Lilongwe est rendu possible grâce aux fonds décaissés du Trésor public.

Le lobbying tous azimuts initié par le Président de la République pour l’obtention, par la RDC, de ce poste ô combien important pour l’image du pays à l’international n’a pas donné des fruits escomptés. Le candidat de Congo-Kinshasa a été battu à plate couture. Une troisième déconfiture pour le régime Tshisekedi.



L’échec de la RDC à diriger le secrétariat général de la SADC n’est pas la première sous Tshisekedi. Candidate à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité, la RDC avait finalement décidé, au mois de juin 2021, de jeter l’éponge face au Gabon, soutenu par l’Union africaine (UA). Une volte-face de Félix Tshisekedi précipitée par la réalité diplomatique rencontrée.

Félix Tshisekedi avait décidé de renoncer à briguer un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU – siège réservé à l’Afrique centrale à partir de 2022. Plusieurs sources officielles et diplomatiques ont confirmé la décision du président congolais de se retirer de la course à quelques jours du vote qui a lieu le 11 juin 2021 à New York.

Et pour cause, lors du conseil exécutif organisé les 3 et 4 février de l’année en cours, la candidature de Libreville avait officiellement reçu le soutien de l’UA. Mais la RDC, qui avait déposé la sienne en 2019, avait malgré tout décidé de relancer son dossier, au motif que l’octroi de ce siège réservé à l’Afrique centrale devait faire l’objet d’une consultation préalable avec le Tchad et le Gabon.

N’Djamena ayant décidé de jeter l’éponge, Kinshasa estimait que les discussions devaient se poursuivre avec Libreville, en dépit de la décision de l’UA, organisation dont Félix Tshisekedi assure la présidence tournante depuis le mois de février. Au finish, c’est le Gabon qui l’emporta à New York. La RDC s’est contentée juste d’une seule voix.

Bien avant le Conseil de sécurité, la diplomatie congolaise avait subi un nouvel échec au mois d’avril en ce qui concerne le Barrage de la Renaissance. Allusion faite à l’échec des négociations entre l’Egypte, le Soudan et l’Éthiopie lors de la réunion tenue du 4 au 6 avril à Kinshasa.

Les négociations entre l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan autour de la construction du méga-barrage hydroélectrique de la Renaissance sur le fleuve du Nil par Addis-Abeba, sous la médiation du Président de la RDC et Président en exercice de l’Union africaine, avaient échoué après deux jours de discussions et une nuit blanche à Kinshasa.

Le communiqué final, rendu public avait relèvé en substance que « les participants ont exprimé leur profonde gratitude au leadership de Félix Tshisekedi et au peuple congolais pour son hospitalité ». Initialement prévues pour deux jours, les discussions se sont poursuivies jusqu’au troisième jour sans qu’un compromis ne soit trouvé entre les trois protagonistes représentés par les ministres des Affaires étrangères et ceux en charge des eaux et de l’électricité.

Peu avant la fin des travaux, l’Égypte a annoncé l’échec des pourparlers « qui n’ont pas progressé et n’ont pas débouché sur un accord sur la relance des négociations ». Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Hafez, avait déclaré dans un communiqué que « l’Éthiopie a rejeté toutes les propositions et alternatives avancées par l’Égypte et soutenues par le Soudan, afin de développer le processus de négociation, à même de permettre aux pays et aux parties associées aux négociations en tant qu’observateurs de participer activement aux discussions (…).

Félix Tshisekedi, qui assure la Présidence rotative de l’UA, a encore des efforts à fournir pour booster sa diplomatie. Les échecs qui se multiplient à l’international devraient plutôt interpeller que satisfaire le successeur de Joseph Kabila.

Rachidi Mabandu

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