Les députés nationaux originaires du Nord-Kivu et de l’Ituri s’opposent à l’idée d’une nouvelle prorogation de l’état de siège, « suite à l’insuffisance des résultats sur terrain ». Ces élus ont manifesté tout au long de la plénière de ce lundi 1er novembre dans la salle des congrès du Palais du Peuple, alors que la séance du jour examinait le projet de loi portant autorisation de la 11è prorogation de l’état de siège dans ces deux provinces endeuillées par l’activisme des groupes armés.
Ces députés ressortissant de l’Ituri et du Nord-Kivu ont arboré des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « pas de 11è prorogation sans plan de sortie ». En clair, ils sollicitent la fin de l’état de siège. Idée à laquelle s’est farouchement opposé Jean-Marc Kabund, premier vice-président de l’Assemblée Nationale.

« C’est très grave, en lieu et place d’exiger la fin de l’état de siège, vous ferez mieux de nous proposer une issue à la guerre. C’est de cela qu’on a besoin. Pourquoi l’état de siège vous gêne alors que ces tueries existent depuis trois décennies. Voulez-vous qu’on tue nos compatriotes là-bas sans que rien ne soit fait ? Je nous exhorte au bon sens et à la retenue. Nous n’accepterons pas du populisme ici parce que la question est très importante », s’est indigné le président de céans.
Jean-Marc Kabund, a exhorté les députés à débattre de la question sans passion, « pour ne pas faire souffrir le peuple ».
« C’est une question qui doit être débattue au-delà de tout sentiment populiste parce que ce sont des vies humaines qui sont mises en danger, ce sont des vies humaines que nous perdons à l’Est. Nous ne perdons pas uniquement les ressortissants de l’Est, mais aussi nos forces armées qui ne sont pas seulement originaires de l’Est. Nous devons aborder cette question avec prudence et sérieux », a-t-il martelé.
Malgré cette manifestation de colère des députés nationaux ressortissants du Nord-Kivu et de l’Ituri contre l’état de siège, l’Assemblée Nationale a autorisé pour la 11è fois consécutive cette mesure prise par le Chef de l’État Félix Tshisekedi pour endiguer l’insécurité dans ces parties du pays.
Josué Mfutila





