L’année 2021 a démarré avec un nouvel air politique marqué par le basculement de la majorité au parlement après la déchéance de Jeannine Mabunda, le 10 décembre 2020 de son poste de présidente de l’Assemblée nationale. Un peu plus haut, soit à la chambre haute du parlement, même scénario. Alexis Thambwe Mwamba rend le tablier suite à la pression d’une soixantaine de sénateurs le pourchassant avec une motion de défiance à son encontre, le 5 février 2021; ajouter à cela l’éviction de l’ex Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba de son poste par une motion de défiance soutenue par 367 députés nationaux lors du vote.
Union Sacrée de la Nation (USN), c’est l’appellation de la coalition du Président Félix Tshisekedi, dominée par les transfuges du Front Commun pour le Congo (FCC). L’USN, une structure qui n’a jamais eu de charte, mais qui a commencé à s’enraciner dans les institutions, notamment à l’Assemblée nationale le 3 février avec son bureau chapeauté par Christophe Mboso et celui du Sénat le 19 février avec aux commandes, Modeste Bahati Lukwebo.
Le 15 février arrive, Félix Tshisekedi porte son dévolu sur Sama Lukonde pour diriger le Gouvernement que ce dernier va qualifier de « warriors » ; équipe gouvernementale qui sera composée près de deux mois après, soit le 12 avril avec 57 ministres, parmi lesquels 4 vice-premiers ministres et 9 ministres d’État. L’on a noté une représentativité de la femme de 27% ainsi que 80% de l’apparition de nouveaux visages. Après son investiture le 26 avril dernier, le Gouvernement Sama entre en action.
Dossier CENI, pas de consensus
Parmi ses multiples priorités, figure aussi l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. Un dossier qui n’a jamais permis aux violons de s’accorder entre majorité et opposition notamment sur la loi électorale jugée « non consensuelle » par le FCC et LAMUKA notamment. Même au sein de la sous-composante confessions religieuses d’où devrait sortir le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), on n’émettait pas sur la même longueur d’ondes. Dénis Kadima, c’est le nom qui a divisé le bloc CENCO-ECC (Conférence Épiscopale Nationale du Congo – Église du Christ au Congo) et les 6 autres confessions religieuses.
Les catholiques et protestants l’accusaient d’être proche du pouvoir et que son investiture favoriserait « la fraude » au profit du pouvoir en place aux prochaines élections. Balayant d’un revers de la main ces propos, le G6 a même déposé les procès verbaux de candidats parmi lesquels Denis Kadima, qui sera investi plus tard par le Chef de l’État et confirmé par la Cour Constitutionnelle le 29 octobre. Visiblement choquées, la CENCO et l’ECC décident de claquer la porte de la plateforme confessions religieuses, décision actée par le groupe de 6 qui n’a pas hésité de nommer Dodo Kamba de l’église de réveil comme Président de cette plateforme.
Ayant des idées convergentes pour la circonstance, les laïcs catholiques et protestants, le FCC, LAMUKA et Ensemble pour la République décident de se mettre ensemble dans le bloc patriotique pour faire pression afin d’obtenir le consensus autour de la loi électorale et l’annulation de l’ordonnance présidentielle investissant Denis Kadima à la CENI. Plusieurs marches ont été organisées dans ce cadre pour faire la pression jusqu’à ce que l’on n’entende plus parler de ce mouvement, le bloc patriotique.
Cette même question de la CENI a mis de sérieuses fissures sur les murs du Front Commun pour le Congo. Aujourd’hui, il existe l’aile FCC dyanmique révolutionnaire portée par Constant Mutamba et Âgée Matembo, la cellule de crise mise en place par Joseph Kabila chapeauté par Raymond Tshibanda ainsi que la partie Didi Manara qui venait d’être radié pour avoir « violé » la ligne tracée par sa famille politique, celle de ne pas déposer la candidature pour les postes à pourvoir à la CENI, revenant à l’opposition, trois au total. À l’heure actuelle, tous ces postes sont comblés, notamment par ces deux parties du FCC.
Un autre sujet qui a défrayé la chronique c’est celui de la proposition de loi sur le verrouillage des postes de souveraineté qui doivent être réservés aux congolais nés de père et de mère congolais. Initiative de Noël Tshiani (ancien candidat à la présidentielle de décembre 2018) portée par le député national Nsingi Pululu, cette proposition a fait couler encre et salive surtout du côté de pro Kashobwe qui voient derrière cette idée, une stratégie visant à écarter Moïse Katumbi de la course présidentielle.
Aussi, le dossier « consensus » sur la CENI a aussi poussé Delly Sesanga à quitter l’Union Sacrée de la Nation devenant ainsi un opposant farouche au pouvoir actuel.
Au cours de cette même année, les assemblées provinciales étaient toujours en guerre contre les exécutifs provinciaux. Plusieurs Gouverneurs de province se sont vus être détrônés par les députés nationaux. Dans la plus part de cas, les chefs des Exécutifs provinciaux sont reprochés de mauvaise gestion, le cas de Théo Ngwabidje du Sud-Kivu, le plus récent.
En dehors du discours sur l’état de la Nation de Félix Tshisekedi, c’est sa tournée dans l’espace Grand Kasaï qui a attiré l’attention du public. Il a visité villes et territoires s’adressant à la population et les promettant un avenir meilleur. « Ce pays a été détruit par les anciens régimes », c’est l’une des phrases prononcées par Félix Tshisekedi au Kasaï-Oriental.
Patrick Nguwo





