La question mérite d’être posée, tant la mobilisation populaire observée ce mercredi 27 août autour du procès de Constant Mutamba Tungunga, ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a marqué les esprits.
Prévu pour le prononcé du jugement dans l’affaire de présumé détournement de 19 millions de dollars, le rendez-vous judiciaire a pris une dimension inattendue. Des milliers de jeunes, venus de Kinshasa, Lubumbashi, Kabinda et d’autres coins du pays, ont battu le pavé pour dire non à une éventuelle condamnation de Mutamba. Leur slogan était clair : acquittement ou rien. Selon eux, « il y a pire que Mutamba » dans ce pays, et son dossier, qualifié de fragile et vide de preuves, ne justifie en rien une sanction judiciaire.
Pour plusieurs analystes, cette mobilisation s’explique par le souvenir encore frais de la gestion courageuse de Mutamba à la tête d’un secteur considéré comme malade. Dès son entrée en fonction, le jeune ministre avait heurté de front certains magistrats véreux et tenté d’imprimer une nouvelle discipline dans l’appareil judiciaire. Ce style direct et tranchant a marqué la jeunesse, qui lui rend aujourd’hui cette fidélité.
De ce fait, l’ancien ministre semble bel et bien écrire son histoire en lettres d’or. Cette expression de gratitude populaire laisse entrevoir un avenir politique plus vaste pour celui qui, à seulement une trentaine d’années, ne cache pas ses ambitions. Pour rappel, Constant Mutamba a souvent affirmé à la télévision son rêve de succéder un jour à Félix Tshisekedi.
Élu député national de Kabinda après son échec à la présidentielle de 2023, Mutamba avait ensuite été appelé à gérer le ministère de la Justice, un secteur aux multiples défis qu’il a tenu avec poigne. Aujourd’hui, c’est devant la Cour de cassation qu’il se trouve, mais le soutien massif dont il bénéficie démontre que, quoi qu’il advienne, le jeune leader a déjà marqué une page de l’histoire politique congolaise.
Zamenga Odimbale





