Sessanga : pathologie nihiliste du « moi » (Tribune)

A l’appel de son nom, le public se retourne et cherche à écouter
l’intelligence, la forme soignée et les idées à revendre. L’un dit d’une voix confiante : « voici l’un des rares dont l’aura est construite uniquement par son
étincelle et la clarté de son analyse ». Séducteur à souhait, il cerne chaque contexte politique de 2006 à 2023 pour se mettre à la disposition de la
lumière.


Au-delà du justificatif de forme et de fond, tout exquis, le joueur souffre d’une insatisfaction nihiliste et d’un conflit intrapersonnel. Pion de lui-même, il se choisit l’échiquier, surtout la trame de l’opposition à la veille de chaque enjeu électoral depuis 2006 avant de rejoindre subtilement le camp du pouvoir avec l’offre technique embellie de la qualité d’avocat.

1. Election de 2006 : Sesanga prêche Jean-Pierre Bemba Contre Joseph Kabila, Sesanga a joué les premiers rôles dans l’équipe de Jean-Pierre Bemba. Le séjour pénitencier du Chairman n’a été qu’un alibi pour formaliser les offres des services aux sbires de la Kabilie, couverts par son cabinet d’avocats.


Comme gain, il reçoit le juteux cadeau d’un contrat d’abonnement avec SEGUCE, garantie de loyauté. Silencieux, il jouit des avantages d’une expertise au service du pouvoir, conseillant de manière occulte plusieurs ministres à qui il vend les analyses et les arguments.

Refusant le leadership de François Muamba au MLC, il propose son Envol comme alternative avant de se dérober pour suivre : « la voie du
changement ».

2. Election 2011 : Sesanga embrasse Etienne Tshisekedi

Offrant son Envol à Tshisekedi pour la candidature voulue commune, il devint
opportunément proche d’Albert Moleka et Samy Badibanga pour se trouver une place au soleil.

Elections passées, il rejette, en 2013, le Leader Maximo pour suivre Léon KENGO dans l’Opposition Républicaine espérant, sans y parvenir, un poste ministériel au gouvernement des concertations nationales. Devant les garanties fallacieuses d’entrée au gouvernement, furieux, il agite sa proposition de loi électorale contre A. Minaku et E. Boshab. L’histoire connait les conséquences visibles de Janvier 2015 placées sur le dos de la Dynamique de l’Opposition mais sans soupçonner les mobiles invisibles pour le retrait de la proposition de loi.

L’échec des arrangements financiers aurait-il ravivé les caprices jusqu’à des pertes en vies humaines ?

3. Election 2016-2018 : Sesanga épouse Katumbi

Défiant les privilèges de G7 proche de Katumbi, Sesanga boude le leadership de Vital Kamhere à la Dynamique de l’Opposition pour créer un dédoublement offert à MKC. Ainsi, naîtra l’AR dont les conséquences de gestion sont connues avec Ewanga, Diongo, Lubaya, etc.
Actif à Genval et lors du dialogue de la CENCO, il s’est rêvé Ministre jusqu’à la mort du Sphinx. Partagé entre le financement de sa campagne (KATUMBI) et le besoin d’un soutien populaire Kasaïen (TSHISEKEDI), Sesanga traduit la négation de lui-même en battant campagne pour les deux candidats opposés à l’élection présidentielle. L’Envol derrière Fayulu dans le Bandundu et derrière Tshisekedi dans le Kasaï.

Après l’échec personnel pour entrer au gouvernement Ilunkamba, Sesanga
rejoint l’union sacrée avec les ambitions personnelles rabattues au poste de vice-Ministre à la Défense pour l’Envol dans le Gouvernement Sama. Insatisfait, il se projette désormais à 2023 avec une ambition personnelle :
Devenir président de la République. Conscient de sa difficulté à porter
pareille étoffe, il se met à quête d’un camp d’entrainement : appartenir à l’opposition comme en 2006, 2011 et 2018.
4. Election 2023 : Sesanga rumine la trahison contre Fayulu Le « moi » Sesanga vaut la peau du Président de la République intercédant le miracle de la séduction audiovisuelle et la réelle mobilisation populaire du peuple congolais. Doutant de la reprise politique de Katumbi avec les députés arcboutés dans l’union sacrée, il calcule Fayulu pensant déjà le discréditer bientôt à l’occasion de sa déclaration de candidature présidentielle.

Conscient des difficultés électorales prochaines de son parti dans l’espace
Kasaï, Sesanga joue le tout pour tout, entretient son « moi », lui-même, son honneur personnel, sa renommée et l’étoffe du présidentiable pour finir comme Seth Kikuni.

Kamenga Onsay/Analyste Politique

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