Un échange à distance, mais aux allures de bras de fer politique, oppose deux membres du gouvernement Suminwa II sur la question sensible de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, auteur d’une déclaration controversée, s’est vu publiquement recadré par son collègue Adolphe Muzito Mfumunsi, figure politique connue pour ses positions tranchées sur la souveraineté nationale.
Une déclaration qui fait polémique
S’exprimant récemment dans les médias, Muhindo Nzangi a tenu des propos qui ont rapidement provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Selon lui, « n’eût été le petit message de Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, si nous ne sommes pas contents, l’AFC/M23 serait déjà à Kalemie ».
Cette sortie a été perçue par une partie de l’opinion comme une humiliation de l’État congolais, voire comme une reconnaissance implicite d’une dépendance excessive vis-à-vis d’acteurs extérieurs dans la gestion du conflit armé à l’Est du pays. Plusieurs analystes y voient un sérieux problème de coordination de la communication gouvernementale, particulièrement dans un contexte de guerre, tandis que d’autres évoquent une lecture personnelle et maladroite de la situation diplomatique.
Muzito hausse le ton
La réaction d’Adolphe Muzito ne s’est pas fait attendre. Membre du même gouvernement mais visiblement en désaccord avec cette approche, l’ancien Premier ministre a tenu à corriger publiquement son collègue, rejetant toute déclaration susceptible de jeter l’opprobre sur la RDC.
Attaché à la cohésion gouvernementale et à la défense de la patrie agressée, Muzito a adopté un ton ferme, notamment à l’égard du Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion du M23. À l’en croire, la RDC ne se laissera plus faire : « À la guerre, le pays du président Tshisekedi répondra par la guerre », a-t-il martelé.
Dans cette optique, Adolphe Muzito a révélé que plus de 5 milliards de dollars américains auraient été mobilisés afin de renforcer la capacité de riposte du pays, affirmant la détermination des autorités congolaises à faire face à ce qu’il qualifie d’agression étrangère.
Une sortie qui clarifie la ligne dure
Cette réaction musclée vise, selon ses proches, à lever toute équivoque sur la position officielle de certains membres du gouvernement : la souveraineté de la RDC n’est pas négociable et aucune déclaration individuelle ne devrait affaiblir le front diplomatique et politique du pays.
Cet épisode met toutefois en lumière les tensions internes et les divergences de ton au sein de l’équipe gouvernementale, à un moment où l’unité de discours est jugée cruciale face à la persistance du conflit dans l’Est.
Zamenga Odimbale





