Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec le ministère de la Santé, a ouvert un nouveau Centre de traitement Ebola (CTE) dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, afin de renforcer la prise en charge des patients et d’accélérer la riposte contre la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué de MSF consulté ce 27 août 2026 par la rédaction d’ACTU7.CD.
Déclarée le 15 mai dernier, cette épidémie s’est déjà étendue à plusieurs provinces du pays, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Au 22 août, plus de 5 514 cas confirmés et 2 642 décès confirmés étaient rapportés. Selon les données communiquées, cette épidémie est désormais la plus importante flambée d’Ebola jamais enregistrée en RDC et celle ayant connu la propagation la plus rapide.
Si la majorité des cas confirmés est recensée en Ituri, les villes de Beni et Butembo, au Nord-Kivu, concentrent également une proportion importante des infections. Dans cette province, 714 cas confirmés et 490 décès avaient été enregistrés au 22 août.
À Beni, l’ouverture de ce nouveau CTE doit permettre d’améliorer les capacités de prise en charge des patients et de réduire les délais entre l’apparition des premiers symptômes, le diagnostic et l’accès aux soins. MSF entend également renforcer le suivi des contacts et soutenir les autorités sanitaires dans leurs efforts visant à contenir la propagation du virus.
« Chaque heure compte dans la lutte contre la maladie à Ebola. Un diagnostic et un traitement précoce dès l’apparition des premiers symptômes augmentent significativement les chances de survie des patients, tout en réduisant le risque de transmission au sein des familles et des communautés », explique Albert Stern, coordinateur des urgences de MSF.
Pour l’organisation humanitaire, la riposte contre Ebola ne doit toutefois pas se limiter à la prise en charge des personnes suspectées ou confirmées positives. MSF alerte également sur les conséquences que peuvent avoir la peur de contracter le virus, les rumeurs et la méfiance envers les structures sanitaires sur l’accès aux soins.
« La peur de contracter le virus dans les établissements de santé, ainsi que la propagation de fausses rumeurs concernant les soins qui y sont dispensés, peuvent dissuader de nombreuses personnes de consulter », souligne Albert Stern, coordinateur médical d’urgence de MSF à Beni.
Cette situation peut notamment affecter les personnes souffrant de paludisme, d’infections respiratoires ou de diarrhées, ainsi que les femmes et les filles enceintes nécessitant une prise en charge médicale. MSF indique ainsi renforcer parallèlement les services de santé générale dans les zones où ses équipes interviennent.
À Beni, des consultations gratuites pour les maladies courantes et des soins médicaux sont disponibles dans les centres de santé de Kanzulinzuli, Malepe, Madrandele et Kasabinyole. Dix-huit salles d’isolement sont actuellement opérationnelles, tandis que cinq autres sont en cours de construction à Kasabinyole.
Ces structures permettent d’accueillir rapidement les patients atteints de paludisme, d’infections respiratoires ou de diarrhée, mais également les personnes présentant des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola. Elles offrent la possibilité d’isoler les patients dans des conditions dignes, de leur assurer une prise en charge médicale et nutritionnelle appropriée et de maintenir le contact avec leurs proches dans le respect des mesures de prévention.
MSF accorde également une attention particulière aux femmes et aux filles enceintes, qui peuvent faire face à davantage de complications pendant les épidémies d’Ebola. L’organisation soutient les services de santé sexuelle et reproductive et travaille à rendre les accouchements plus sûrs dans les structures sanitaires qu’elle appuie à Beni.
En parallèle, les équipes de MSF poursuivent les activités de sensibilisation auprès des communautés locales. En collaboration avec les leaders locaux, les représentants communautaires et les organisations de la société civile, elles travaillent à favoriser l’adhésion aux mesures de santé publique et à faciliter l’identification précoce des malades afin qu’ils soient rapidement orientés vers les structures de santé.
Cette mobilisation communautaire vise également à lutter contre les rumeurs et à renforcer la confiance de la population envers les services de santé, un élément essentiel pour favoriser le recours précoce aux soins et limiter les risques de transmission.
Avec l’ouverture de ce nouveau CTE, MSF renforce ainsi son dispositif de réponse dans l’une des zones touchées du Nord-Kivu. L’organisation poursuit parallèlement ses actions dans les soins médicaux, la prévention, l’isolement des cas suspects et la sensibilisation des communautés afin de contribuer aux efforts des autorités sanitaires pour contenir la propagation du virus et sauver davantage de vies.
Emery Lucky Poya





