Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement lancé, ce jeudi 27 août 2026 à Kinshasa, la Campagne de solidarité nationale à caractère permanent, une initiative destinée à mobiliser les contributions des Congolais et des différents acteurs de la société en faveur des populations en situation de vulnérabilité.
À cette occasion, le chef de l’État a appelé à un « sursaut républicain » fondé sur l’unité, la fraternité et la solidarité, dans un contexte marqué notamment par les conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, les urgences sanitaires, les catastrophes liées aux dérèglements climatiques et les conflits intercommunautaires.
Selon Félix Tshisekedi, plus de 15 millions de Congolais se trouveraient actuellement dans une situation de grave vulnérabilité. Derrière ce chiffre, a-t-il souligné, se trouvent des familles déplacées, des enfants déscolarisés, des femmes exposées aux violences, ainsi que des personnes âgées et des personnes vivant avec handicap ayant besoin d’une protection accrue.
Le président de la République a insisté sur le caractère volontaire de cette campagne, précisant qu’elle ne constitue pas un transfert des responsabilités de l’État vers la population.
« La Campagne de solidarité nationale ne se substitue pas aux responsabilités constitutionnelles et sociales de l’État », a déclaré le chef de l’État, réaffirmant que l’État demeure le premier garant de la protection sociale et de l’assistance humanitaire.
De son côté, la vice-Première ministre, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a expliqué que cette initiative vise également à revitaliser la culture de solidarité et d’unité nationale.
Elle a présenté l’ambition de cette campagne autour de trois objectifs : « redonner le sourire, apporter le réconfort et faire renaître l’espoir » dans le cœur de chaque Congolais confronté à une situation de vulnérabilité.
Pour assurer la transparence du processus, Ève Bazaiba a annoncé la mise en place d’un dispositif spécifique pour la gestion et le suivi des contributions. Les dons en espèces seront notamment pris en charge par la Caisse nationale de solidarité et de gestion humanitaire des catastrophes, établissement public de l’État chargé d’assurer le traçage sécurisé des contributions financières.
Les dons en nature, notamment les vivres et les biens non alimentaires, seront réceptionnés, triés, stockés et distribués par le Centre de collecte des dons, placé sous la responsabilité de la Direction générale de la Solidarité nationale.
Un Comité de pilotage national a également été institué par arrêté ministériel pour assurer l’orientation stratégique et la supervision opérationnelle de la campagne. D’après Ève Bazaiba, ce comité comprend des représentants de différentes structures, dont l’équipe humanitaire pays, qui participent bénévolement au processus.
Le dispositif prévoit par ailleurs la publication régulière de rapports financiers et la réalisation d’audits indépendants afin de garantir la redevabilité et de rassurer les donateurs sur l’utilisation des ressources mobilisées.
Félix Tshisekedi a, dans son discours, appelé les institutions publiques, les provinces, les entités territoriales décentralisées, les confessions religieuses, les organisations de la société civile, la diaspora ainsi que les entreprises publiques et privées à contribuer à cette campagne.
Le chef de l’État a particulièrement encouragé les acteurs des secteurs minier, bancaire, commercial, agricole, des télécommunications et des assurances à traduire leur responsabilité sociale par des engagements concrets en faveur des populations vulnérables.
Ève Bazaiba a également annoncé que des certificats de mérite citoyen seront délivrés aux personnes physiques et morales qui se distingueront par leur générosité envers la Nation.
« Chaque geste compte, chaque don sauve une vie », a-t-elle indiqué, appelant à une mobilisation de toutes les couches de la société congolaise.
Pour Félix Tshisekedi, la solidarité doit également contribuer au renforcement de la cohésion nationale. Il a appelé les Congolais à dépasser les divisions liées aux provinces, aux ethnies, aux langues ou aux régions, estimant que la souffrance d’un Congolais, où qu’il se trouve sur le territoire national, concerne l’ensemble de la Nation.
Le président de la République a enfin instruit les structures chargées de la mise en œuvre de la campagne de garantir une gestion rigoureuse des ressources. Il a notamment exigé que chaque contribution soit identifiée, tracée et sécurisée, afin que les dons mobilisés atteignent effectivement les bénéficiaires.
Avec cette campagne à caractère permanent, les autorités congolaises entendent ainsi faire de la solidarité un mécanisme durable d’appui aux populations vulnérables et un levier de cohésion nationale.
Emery Lucky Poya





