La poursuite des affrontements armés dans plusieurs territoires du Sud-Kivu plonge la province dans une crise humanitaire d’ampleur. Des milliers de familles, contraintes de fuir les violences, errent aujourd’hui sans abri, sans moyens de subsistance et, souvent, séparées de leurs proches.
Depuis le début du mois de décembre, les structures sanitaires font face à un afflux croissant de blessés par armes. Appuyées par la Croix-Rouge de la RDC, les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont procédé, la semaine dernière, à l’évacuation de dizaines de victimes vers l’Hôpital général de référence d’Uvira. Entre le 2 et le 8 décembre, plus de 70 personnes blessées y ont été prises en charge.
Selon le CICR, l’Hôpital général de référence de Fizi a, de son côté, accueilli près de 20 blessés entre le 2 et le 16 décembre, tandis que plus de 40 civils restent hospitalisés à Uvira. Au total, plus de 100 personnes blessées ont été soignées depuis le début du mois, grâce notamment à l’appui du CICR en médicaments, intrants médicaux essentiels et renforcement des capacités du personnel de santé.
L’organisation humanitaire alerte également sur les risques élevés d’accidents liés aux combats et appelle à une meilleure sensibilisation des communautés aux comportements de protection, conformément aux obligations prévues par le droit international humanitaire. Les violences ont provoqué d’importants déplacements de populations vers les territoires de Baraka et de Fizi, ainsi que vers la province voisine du Tanganyika. Certaines familles ont également trouvé refuge dans les pays limitrophes, notamment au Burundi, parfois après avoir traversé le lac Tanganyika dans des conditions particulièrement dangereuses.
Les Nations unies estiment à près de 500 000 le nombre de personnes en mouvement au Sud-Kivu depuis le 2 décembre 2025. Au Burundi, des milliers de réfugiés congolais vivent dans une grande précarité, avec un accès limité à l’eau potable, à la nourriture, aux abris et aux soins de santé. La saison des pluies, conjuguée à la recrudescence des cas de choléra, accroît considérablement les risques sanitaires.
Face à l’urgence, le CICR, en collaboration avec les volontaires de la Croix-Rouge du Burundi, a renforcé ses interventions humanitaires, notamment à travers des distributions d’eau potable, des actions d’assainissement et des activités de rétablissement des liens familiaux. Depuis le début du mois de décembre, plus de 1 000 appels téléphoniques ont été facilités et onze enfants non accompagnés ont déjà pu être réunifiés avec leurs familles.
JC Mbafumoja





