Dans une parade animée dans la matinée du mercredi 19 mai 2021 au stade Afia dans la ville de Goma, le commissaire principal provincial de la Police nationale congolaise (PNC) a instruit ses hommes à barrer la route à tous ceux qui tenteront de les critiquer d’une manière péjorative dans l’exercice de leur mission en cette période de l’état de siège.
Sans passer par le dos de la cuillère, le Général Aba Van Ang a cité notamment les journalistes qui, selon lui, « aiment faire des critiques infondées » à l’endroit de la police.
« Hier, on nous a placé des radars pour nous surveiller. Nos frères journalistes, nous savons comment ils sont. Eux aussi vont nous sentir. Ils aiment faire des critiques trop infondées, des critiques gratuites », a-t-il dit devant six cent et quatre (604) policiers présents à cette parade.
Cet officier de la police nationale congolaise reproche également aux défenseurs des droits de l’homme d’indexer, dans la plupart des cas, des éléments de la PNC dans des débordements et dérapages observés dans les manifestations publiques et qui causent souvent des dégâts matériels et humains dans des quartiers chauds de la ville de Goma particulièrement.
Lors de la célébration de la journée de la liberté de la presse commémorée le 3 mai de chaque année, le coordonnateur du Collectif des radios et télévisions communautaires du Nord-Kivu (CORACON) Jacques Vagheni avait rappelé aux journalistes le devoir de la solidarité et du professionnalisme pour échapper au prédateur de la presse. Par rapport à l’évolution de la situation sociopolitique et sécuritaire de la région, celui-ci avait mis sa crainte de voir la liberté de la presse être torpillée lors de l’exécution de l’état de siège décrété par le Président de la République dans les provinces du Nord-Kivu et Ituri.
Il avait révélé que les échanges seront faits par l’UNPC et son organisation pour arrêter un certain nombre des comportements que les journalistes pourront prendre pour exercer en tout respect de la loi lors de l’état de siège car « la presse constitue un acteur indispensable pour cimenter la paix ».
David Lupemba





