Insécurité à Beni : Nyonyi Bwanakawa charge le gouvernement provincial et des députés

Intervenant sur les antennes de la Radio Télévision Rwanzururu (RTR) vendredi 29 mai 2020, le maire de la ville de Beni, Nyonyi Bwanakawa indexe le gouvernement provincial du Nord-Kivu et les députés nationaux et provinciaux d’«instrumentaliser» les groupes de pression qui exigent le départ du comité urbain de sécurité de Beni, suite à la persistance de l’insécurité. L’objectif des incriminés est de faire croire que le maire à la tête du comité urbain de sécurité ne parvient pas à assurer la sécurité des populations, indique-t-il.

Pour y parvenir, le maire pointe les mêmes personnes et explicite ses propos par une ironie.

 » On ne peut pas voir le vent mais on voit le vent quand les arbres bougent. Si les arbres ne bougent pas on ne peut pas voir que le vent souffle », dit-il.


Avant d’ajouter « quand ils cherchent où les échauffourées peuvent ressortir, ils concluent que c’est à travers l’insécurité en ville de Beni. C’est pour cette raison qu’il y a eu la mort d’une fille au quartier Cité belge, un homme à Butsili malheureusement lorsque la Lucha manifeste pour demander plus de sécurité, le manifestant Fredy a été tué par la police. Ceci fait voir où est ce que le vent va souffler.»

Abandonné dans un hôtel à Goma, pourtant invité par la hiérarchie

Depuis près d’une semaine, le maire Nyonyi Bwanakawa a été interpellé par sa hiérarchie en ville de Goma. Il affirme être abandonné dans un l’hôtel sans être reçu, même par ceux qui l’ont invité.
Ceci, explique-t-il, c’est pour permettre à ce que « ça brûle à Beni à son absence pour lui faire porter le chapeau après. ». Selon lui, depuis qu’on est à Goma, il ignore pourquoi, il a été interpellé et « personne ne lui a jamais même invité à son bureau ».

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 » lorsque je réfléchis sur tout ça et que je suis un parfait politicien, j’apprends tout ce qui se passe. C’est normal que je dise à la population, surtout les jeunes, à Beni on a beaucoup souffert, que les politiciens cessent de faire souffrir les gens. Ce n’est pas pour vouloir faire partir Nyonyi qu’il faut organiser les manifestations, que les gens meurent, souffrent… », s’est-il plaint.

Conflit politique

Nyonyi Bwanakawa fait savoir que, les politiciens qu’il a indexés, seraient en quête de la nomination de leurs membres dans la nouvelle territoriale qui pointe à l’horizon. Ces derniers, veulent se faire nommer à la mairie, des communes et des quartiers. Il appelle les jeunes à ne pas se faire « instrumentaliser » par les politiciens ou s' »ingérer dans un combat qu’ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants ».

Complot pour le pousser à démissionner!

Le maire de la ville Nyonyi Bwanakawa dit être prêt à déposer sa lettre de démission car ne se reprochant de rien. « Hier, jeudi 28 mai 2020, j’ai échangé avec le ministre provincial de l’intérieur et de lui dire que je peux démissionner pour que les gens ne pensent pas que je ne veux pas quitter la mairie. Je suis encore là parce que j’y étais placé. Qu’il soit l’insécurité, c’est l’oeuvre d’autres personnes, qu’il soit le sous développement c’est l’oeuvre d’autres personnes… » révèle Nyonyi Bwanakawa.

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Celui-ci conclut que les mêmes personnes déstabilisent mêmes les opérations militaires contre les ADF.

 » Ils veulent déstabiliser les opérations militaires à Beni. Ils l’ont fait d’abord avec le général Mundos, ils l’ont fait avec le général Mbangu et ils veulent le faire aussi avec le général Ychaligonza, qui dirige actuellement ces opérations et à travers qui le chef de l’État fait tout ce qui est possible pour finir les tueries mais au lieu que les massacres prennent fin ils se radicalisent…Alors qui tue à Beni? Tout ceux qui ont des yeux et des oreilles voient ».

Ces révélations du maire de la ville de Beni interviennent après une série de manifestation de protestation contre l’insécurité qui a escaladé en ville, caractérisée par des cambriolages, assassinats ciblés, extorsion et autres faits. La population surtout les groupes de pression sont descendus dans la rue pour exiger le départ du comité urbain de sécurité, pour n’être pas en mesure de rétablir la sécurité dans la ville. Dans ces manifestations, un militant de Lucha a été tué et quelques blessés par balle ont été enregistrés.

Tommy Lupemba, à Goma

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