Passeports en RDC : ONG et victimes portent l’affaire devant la justice belge

Plusieurs ONG nationales et internationales associées à 51 personnes se réclamant victimes se sont constituées en parties civiles dans l’enquête pénale que la Belgique mène depuis 2017 dans le cadre de l’ « affaire Semlex », en perspective de la campagne « le Congo n’est pas à vendre ».

La société belge « Semlex » est sous enquête pour le contrat conclu avec la RDC pour la fabrication des passeports biométriques. Selon Reuters, l’enquête porterait sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent. Depuis le 10 janvier 2019, les organisations non-gouvernementales peuvent désormais déposer plainte en Belgique dans des affaires qui ont trait à la violation des droits humains.

« Par le dépôt de ces plaintes pénales avec l’appui d’ONG, les victimes congolaises deviennent enfin actrices de ce dossier emblématique. Elles pourront demander un accès au dossier et solliciter des devoirs d’enquêtes complémentaires. Loin d’avoir une simple portée symbolique, il s’agit d’une vraie plus-value, pouvant permettre d’aboutir enfin à la condamnation d’une entreprise suspectée d’offrir des pots de vin pour obtenir de juteux contrats, au détriment des citoyens congolais », remarque Paul Nsapu, Vice-président de la FIDH.

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Selon l’agence de presse Reuters, Semlex avait négocié le contrat pour les passeports avec l’ex-Président Kabila et certains de ses plus proches collaborateurs en 2014-2015. Lors des négociations à Dubaï et à Kinshasa, le prix unitaire du passeport était passé de 21,5 dollars americains à 185 dollars americains.

Selon les contrats auxquels ont pu accéder les organisations, pour chaque passeport acheté, 60 $US doivent être reversés à une société écran, LRPS, enregistrée dans les Emirats Arabes Unis.

Rachidi Mabandu Mikondo

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