Des membres du cabinet du Président de la République s’illustrent dans des actes d’ « usurpation » du pouvoir dévolu au directeur de cabinet du Chef de l’État. C’est le constat malheureux fait par Guylain Nyembo dans un document parvenu au média non-aligné.
Le Dircab du Chef de l’État évoque notamment la convocation, par ces derniers au nom de la présidence, des autorités politiques, administratives et d’autres citoyens à des réunions ou séances de travail sans en informer, au préalable, le directeur de cabinet.
« A ces faits s’ajoutent aussi, l’attribution unilatérale, par certains membres du cabinet, des prérogatives ou la prise d’initiatives personnelles pour le règlement des litiges qui se posent au sein des administrations publiques voire privées », s’est indigné le directeur de Cabinet du Président Tshisekedi.
Pour lui, cette situation viole l’ordonnance n°21/010 du 5 mars 2021 portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Président de la République, « mais aussi et surtout vise à entraîner une confusion et, par ricochet, un dysfonctionnement au sein de la plus haute administration du pays ».
Dans cet élan, le directeur de cabinet du Chef de l’État Guylain Nyembo a tenu à rappeler le pouvoir lui octroyé par les dispositions légales. Il parle notamment de l’organisation, de la direction, la coordination et la surveillance de l’ensemble du cabinet.
De ce fait, le successeur de Vital Kamerhe a tenu à remettre le pendule à l’heure.
« Seul le Directeur de cabinet a le pouvoir d’engager le Cabinet vis-à-vis des tiers ou d’échanger la correspondance avec l’extérieur ou les autres institutions, sauf délégation expresse des pouvoirs ; les conseillers spéciaux rendent directement compte de leur mission au Chef de l’État (…) Néanmoins, ils ne peuvent pas signer d’autorisation ni accorder des mandats spéciaux au nom du Président de la République ; les invitations des personnes extérieures au cabinet (Autorités politiques, administratives, tiers) à des réunions de travail devraient s’inscrire dans le cadre d’un dossier administratif préalablement ouvert et attribué au sein du cabinet du Président de la République. Seul le directeur de Cabinet a la prérogative de lancer ces investigations, sauf dérogation expresse accordée par lui », fait-il noter dans ce document.
Il trace ainsi la ligne rouge : « le membre de Cabinet du Président de la République qui dérogera aux dispositions de l’ordonnance et de la décision mentionnée (…) tirera les conséquences de son comportement ».
Cette mise au point intervient au lendemain de la diffusion sur les réseaux sociaux d’un document signé par le conseiller de Tshisekedi en charge de l’environnement et développement durable donnant un mandat spécial au responsable de la société LF Business International de rechercher les financements en faveur des projets d’environnement, développement et de sociaux en RDC. Chose qui avait suscité un tollé auprès de certaines personnes qui ont estimé que cette façon d’agir d’un conseiller du président de la République serait une tentative visant à dépouiller le vice-premier ministre de l’environnement Eve Bazaiba de certains pouvoirs.
Patrick Nguwo





