Sécurité : État de siège, mutualisation des forces FARDC-UPDF, prorogation mandat MONUSCO… parmi les faits saillants de l’année 2021

 

La situation sécuritaire a été marquée, cette année, par l’instauration de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri le 6 mai dernier, comme l’avait annoncé le Chef de l’État au Gouvernement lors du tout premier conseil des ministres du Gouvernement Sama le 3 mai. L’intention, c’est d’en découdre avec les rebelles qui opèrent dans ces régions, notamment les Forces Démocratiques Alliées (ADF), la Coopérative pour le Développement au Congo (CODECO), la Force Patriotique et Intégrationniste du Congo (FPIC), les Maï-Maï,… De ce fait, une administration militaire a été mise en place dans ces deux (2) provinces avec Constant Ndima Kongba, Gouverneur militaire du Nord-Kivu et Johnny Luboya Nkashama de l’Ituri.

Seulement, cette mesure exceptionnelle a été fortement contestée par différentes structures de la société civile et l’opposition qui se basaient sur les cas de tueries qui continuaient à être recensés. Prorogé déjà quatorze (14) fois de suite, l’état de siège est jugé « inefficace ». Plusieurs manifestations ont été enregistrées au Nord-Kivu, notamment pour exiger la surséance de cette mesure exceptionnelle, marches souvent soldées par répression policière ou militaire, arrestations et troubles à l’ordre public.

Les députés du Nord-Kivu et Ituri ont plusieurs fois refusé de participer aux plénières visant à proroger l’état de siège, fustigeant « la non prise en compte des récommandations de la plénière » sur ce dossier. Depuis le 14 décembre dernier, L’Assemblée nationale a voté le projet de loi portant habilitation du Gouvernement pour la prorogation de l’état de siège pendant trois (3) mois, soit durant la période des vacances parlementaires.

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Par ailleurs, le 29 novembre, une rumeur circule sur la toile sur une probable présence des troupes ougandaises sur le sol congolais, rumeur démentie par le porte-parole du Gouvernement dans la soirée, avant d’assister, le lendemain, à l’entrée effective des UPDF par le poste frontalier de Nobili au Nord-Kivu. Selon les sources diplomatiques, plus de mille sept cents (1.700) militaires ougandais s’étaient déversés sur le territoire congolais ce jour-là, et c’était le début des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF qui consistent à bombarder, par des hélicoptères, les positions des rebelles ADF notamment par des tirs d’artillerie.

L’armée a annoncé avoir pilonné plusieurs bastions de ces rebelles qui ont été placés, par les USA en mars dernier, comme groupe terroriste affiliés au Jihadistes de l’État islamique. Pour sa part, la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) dont le mandat a été prorogé d’un an par le Conseil de sécurité de l’ONU, a souhaité été insérée dans les opérations militaires menées entre les armées ougandaise et congolaise.

D’autres événements ont marqué la période de l’état de siège. C’est notamment l’incursion des militaires rwandais sur le sol congolais vers mi-octobre dernier repoussés après par les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), mais aussi l’incursion des rebelles M23 dans le territoire de Jomba à Rutshuru au Nord-Kivu, même si la société civile soupçonnait toujours le Rwanda.

On parle aussi de la signature, le lundi 13 décembre, d’un mémorandum de coopération bilatérale entre la police de la RDC et celle du Rwanda pour la sécurisation de leur différente province, un dossier vu d’un mauvais oeil par les congolais qui redoutaient une présence des militaires rwandais dans la ville de Goma. Même si la police congolaise l’avait démenti, cette nouvelle a occasionné une manifestation de protestation dans la capitale du Nord-Kivu contre ce fait, le bilan avait fait quatre (4) morts et plusieurs blessés. D’autre part, il y a lieu de faire mention de l’explosion d’un Kamikaze à Beni la soirée de Noël. Le bilan fournit par le Gouvernement fait état de huit (8) morts et vingt (20) blessés.

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Toujours dans l’Est, cette fois-ci au Sud-Kivu, sept (7) personnes suspects ont été appréhendées le 27 octobre dans l’Université Officielle de Bukavu (UOB) avec des armes à feu et de guerre, grenades et Motorola que portait une dame faisant partie du groupe. C’est quelque jour plus tard, soit le 3 novembre que des miliciens ont fait incursion dans la ville de Bukavu pour se ravitailler en munition, en s’attaquant aux casernes de l’armée et de la police.

Par ailleurs, au cours de cette année, au moins six (6) vagues des kulunas en provenance de Kinshasa ont été envoyés à Kaniama Kasese pour apprendre un métier, et ainsi tenter de juguler l’insécurité dans la capitale. Là, les anciens délinquants ont produit notamment des maïs « dont le sac coûteraient dix-huit mille francs congolais (18.000 FC) ».

L’année 2021 a également connu un nouvel Administrateur directeur général de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) depuis le 10 décembre, en la personne de Jean Hervé Mbelu.

Patrick Nguwo

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