La cité minière de Kisankala, localisée dans le territoire de Mutshatsha, au cœur de la province du Lualaba, a été le théâtre d’une forte tension dans la soirée du jeudi 31 juillet. Des accrochages ont éclaté entre deux branches des Forces de sécurité congolaises, impliquant des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Garde Républicaine, tous deux engendrant une lutte pour le contrôle de la concession Sierra, exploitée par la société Comide-Swanamine.
Le conflit trouve son origine dans une tentative de remplacement des militaires présents par la Garde Républicaine. Ces derniers sont soupçonnés de couvrir une exploitation minière jugée irrégulière dans une zone riche en ressources naturelles. Selon des sources locales, l’interconnexion des gardes vise à « évincer des soldats perçus comme complices de réseaux proches du pouvoir », dans un contexte où l’accès aux ressources est sujet à de nombreuses convoitises.
La situation s’est rapidement détériorée, plongeant la population dans un climat de panique généralisée. Des témoins évoquent des tirs nourris, entraînant le confinement des habitants chez eux.
« La cité est totalement paralysée, les commerces sont fermés et personne n’ose s’aventurer dehors », raconte un résident sous cachet de l’anonymat. Ce climat d’instabilité a occasionné un arrêt brutal des activités économiques et minières dans toute la région.
En raison de ce chaos sécuritaire, des creuseurs artisanaux ont été poussés à descendre dans la rue pour dénoncer l’instrumentalisation des forces de l’ordre. Des pneus enflammés, des slogans hostiles et des barricades ont fleuri en signe de protestation contre ce qu’ils interprètent comme une lutte de pouvoir qui se déroule à leur détriment. Parallèlement, la société civile locale se mobilise et dénonce « l’instrumentalisation des forces de l’ordre à des fins économiques, au détriment de la stabilité et de la sécurité des citoyens ».
Face à cette situation explosive, la société civile, de concert avec plusieurs leaders communautaires, appelle les autorités nationales à une action rapide afin de rétablir l’ordre. Ils exigent une clarification sur les responsabilités de chacune des parties impliquées, afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir. En attendant, Kisankala demeure dans l’expectative, suspendue aux évolutions d’une crise qui met une fois de plus en lumière la fragilité de la gouvernance sécuritaire dans certaines zones minières de la République Démocratique du Congo.
PK





