Deux poids deux mesures dans les décisions de Gentiny Ngobila : Dadju, Mboso, Kabuya…passent, LAMUKA recalé puis renvoyé au 17 septembre

 

L’interdiction de la marche de la coalition LAMUKA à Kinshasa au 15 septembre au motif de la Covid-19 et le renvoi au 17 septembre qui s’en est suivi, suscite moult interrogations. Le Gouverneur de la ville, en s’opposant à la manifestation prévue par Martin Fayulu et consort suite à la pandémie, semble opter pour deux poids deux mesures. Et pour cause, la métropole congolaise, pendant la même période, a connu plusieurs événements qui pourraient faire jurisprudence.


L’artiste congolais résidant en France, Dadju Djuna Nsungula, séjourne actuellement à Kinshasa où il s’est produit le samedi 11 septembre au Shark Club, dans la commune de la Gombe. Il est bien que ce spectacle, qui a connu la présence de Fally Ipupa et Innocent, s’est clôturé en respectant l’heure de couvre feu, c’est-à-dire 23 heures. Mais en termes du respect des mesures barrières contre la Covid-19, rien n’a été suivi à la lettre pour ce concert autorisé par l’hôtel de ville de Kinshasa.

24 heures après, l’opinion nationale a suivi non sans intérêt à la randonnée politique du président de l’Assemblée nationale au Camp Luka. Christophe Mboso, dans le cadre de son parti le CDR, a réuni des milliers de personnes de ce coin de la ville dans un meeting populaire. Là non plus, aucun refus de la part de l’autorité urbaine. La Covid-19, semble-t-il, aurait pris congé et ne s’est pas manifestée parmi les spectateurs en liesse et enthousiasmés.


Et que dire d’autres manifestations à caractère public tenues par le parti présidentiel ces derniers temps ? L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) organise des rassemblements notamment les différentes matinées politiques animées par son secrétaire général Augustin Kabuya. Récemment, le parti de la 11e Rue Limete a même organisé une cérémonie d’installation du comité des femmes avec la présence de Jean-Marc Kabund, président ad intérim et de surcroit 1er vice-president de la chambre basse du parlement. Des manifestations autorisées alors que la Covid-19 bat son plein.

Tout le malheur de la Covid-19 tombe sur LAMUKA. Gentiny Ngobila, élu gouverneur sur la feuille de route Front Commun pour le Congo (FCC) et transformé pour le besoin de la cause à un membre de l’Union sacrée, imprime la volonté du pouvoir. Pour lui, tous sont autorisés à l’exception de l’Opposition. Martin Fayulu, Muzito, Lisanga Bonganga et les autres n’ont jamais eu droit de manifestation. C’est dire que la Covid-19 intéresse les opposants à Félix Tshisekedi pour se répandre à travers tout le territoire national avec toutes les conséquences qui s’en suivront.

Apparemment, les Congolais sont encore loin de vivre l’alternance annoncée de vive voix. Si le régime Kabila étouffait les manifestations politiques de l’opposition, qu’en est-il de son prédecesseur ? Et pourtant, après 37 ans de l’opposition contre Mobutu, l’UDPS devrait s’abstenir d’emboîter le pas aux pratiques tant critiqués par Kabila et ses hommes. Et la liberté d’expression telle que garantie par la Constitution de la République devrait trouver une place à l’époque où le pays est dirigé par le fils biologique d’Étienne Tshisekedi.

Rachidi Mabandu

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