UDPS : le pouvoir tue le pouvoir (Tribune)

 

Il se passe l’imprévisible au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, parti au pouvoir d’Etat en République Démocratique du Congo depuis 2019 et ancienne formation politique phare de l’opposition après la traversée de rue du Parti Lumumbiste Unifié qui du reste, était devenu une coquille vide bien avant même les élections de 2006.

L’éviction, il y a quelques jours de son secrétaire général, Augustin Kabuya par la Convention démocratique du parti, CDP que pilote Victor Wakwenda est un coup aux allures d’une tempête porté contre l’oeuvre d’Étienne Tshisekedi. Comme si cela ne suffisait pas, voici des manifestations des combattants anti Kabuya jeter l’huile dans le feu. Les frondeurs accusent, le gestionnaire du parti de népotisme, trafic d’influence, clientélisme.
Ces derniers s’appuient sur le récente vague des nominations dans les entreprises publiques sans que, selon eux, aucun combattant n’ait été élevé, sinon, des personnes étrangères recommandées par le Secrétaire général, Kabuya.

Ces combattants, se disent floués alors qu’ils constituent la base, le pouvoir même au sein de ce parti âgé aujourd’hui de 40 ans. Kabuya crée le déséquilibre reproché à Jean Marc Kabund, un autre pion majeur chassé de la 10 ème rue pour le même comportement, selon Wakwenda et les jeunes combattants en colère.
Or l’objectif poursuivi par un parti politique étant la conquête du pouvoir, l’UDPS qui est parvenu au but, a tout intérêt à satisfaire ceux qui ont réellement milité à l’interne comme à l’externe.


Il faut rappeler que, Augustin Kabuya, auréolé de ses nouvelles fonctions avait à son temps jubilé contre, Jean Marc Kabund. D’où lui vient alors ce plaisir de mordre à l’hameçon pour tomber dans le même trou? Il faut ici conclure qu’à l’UDPS, le pouvoir tue le pouvoir? Dans son ouvrage Power : Les 48 lois du pouvoir, Robert Greene, évoque cet aspect. Selon ce scientifique, le triomphe momentané obtenu en haussant le ton, n’est qu’une victoire à la Pyrrhus : le ressentiment, la rancoeur que l’on discute sont plus forts et durables que la docilité de l’interlocuteur.

L’après Étienne Tshisekedi devient du coup difficile à gérer lorsque l’on ne sait pas gérer les ambitions internes qui tuent. À l’horizon 2023, Félix Tshisekedi, serait obligé de changer le fusil d’épaule avec une UDPS déjà en train de creuser sa propre tombe.

Zamenga Patrick

 

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